15.02.2007

François Bayrou affirme que l'UMP et le PS "jouent" M. Le Pen en troisième homme

C'est le retour de l'"épouvantail Le Pen", selon François Bayrou, pour encourager le "vote utile". L'UMP et le PS, réagissant à la progression du candidat centriste dans les intentions de vote, s'efforcent de corriger la tendance. Pas question de laisser s'installer l'idée que le président de l'UDF pourrait chambouler la donne au premier tour de l'élection présidentielle et s'immiscer dans le jeu entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Crédité de 12 % à 14 % d'intentions de vote dans la dernière vague de sondages, M. Bayrou devance désormais Jean-Marie Le Pen dans la quasi-totalité des enquêtes d'opinion.

"Le seul troisième homme possible, on le connaît, c'est Le Pen", s'est insurgé François Hollande, mercredi 14 février, sur Canal+. "François Bayrou ne peut pas être au niveau de Jean-Marie Le Pen. Arrêtez de créer d'autres effets", a insisté le premier secrétaire du PS.

Dans l'entourage de M. Bayrou, ces propos ont été perçus comme une déclaration de guerre. "Hollande tombe le masque, il se fait le directeur de campagne de Le Pen, a réagi Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du candidat UDF.Il joue le maintien du FN pour préserver le PS. C'est indigne et abject. Cela montre que Le Pen, qui prétend combattre le système, est en fait le meilleur rempart du système."

Un peu plus tard, Xavier Bertrand, porte-parole de M. Sarkozy, invité de "Questions d'info" LCP-Le Monde-France-Info, prenait à son tour le contre-pied des études d'opinion. "Nous n'avons pas un Front national aussi bas que ne nous le disent les intentions de vote, a estimé M. Bertrand. En 2002, on s'est rendu compte que Le Pen n'était même pas le troisième homme, mais le deuxième. Les intentions de vote semblent nous dire que François Bayrou arrive troisième. Moi, franchement, je pense que le FN se situe à un niveau plus important."

Après s'être longtemps présenté comme la meilleure assurance de faire baisser le FN, M. Sarkozy veut ainsi prévenir la "tentation Bayrou" en rappelant la persistance d'un FN fort.

Pour M. Bayrou, à l'inverse, si les sondages confirment un recul du "risque Le Pen", "alors les électeurs peuvent exercer leur choix et tout devient possible au premier tour". Emporté par l'enthousiasme du meeting de Strasbourg, lundi 12 février, il confiait au Monde que, "si à la fin du mois je suis à 17 %, c'est gagné".

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